Une grande pièce qui sent bon le cuir et que baigne la lumière de la forêt voisine. Des outils, des gabarits accrochés, des fils de toute les couleurs, des rouleaux de cuir sur les étagères et des piles de tissus dans la sage armoire auvergnate...
Je redonne vie autant que possible, à des matières écartées de la production habituelle. Par exemple, les cuirs sont les tombées de coupe des grandes maisons. Ils portent les stigmates des métiers qu'ils ont croisés, mais ont un toucher exceptionnels et des couleurs profondes.
Je chine des tissus, des boutons, des éléments de bagagerie que je démonte. Je réinvente un sac autour de ses accessoires de métal. Je détourne de son usage habituel l'accastillage nautique et agricole, pour apporter une note insolite et indestructible à mes articles.
Je détourne, je réemploie, je restaure, je mets en échec l'obsolescence de tout ces objets dont nous ne pouvons nous séparer mais qui ne peuvent plus nous servir tel quel: ici, le pyjama du grand père, un reste de doudou, une chemise, une ceinture fétiche ou le dessus d'une chaise trouvent une nouvelle vie...